Lors de mon voyage au Kazakhstan, j’ai eu l’occasion de découvrir les nombreuses facettes de ce pays méconnu d’Asie centrale. D’une ville à l’autre, on a l’impression d’être plongé dans un nouveau pays. Après avoir débarqué au Kazakhstan à Almaty, je me suis rendu au nord du pays (à Astana puis à Kostanaï), avant de redescendre vers le sud. Chimkent est la troisième ville du pays, et elle se situe à 100 kilomètres à peine de la frontière avec l’Ouzbékistan. Pour moi, c’est surtout une étape vers ma prochaine destination au Kazakhstan : Turkestan.
Dans cet article, je vous raconte ma découverte de Chimkent, la troisième ville du Kazakhstan par sa population. Une étape de 24 heures environ, suffisante pour faire le tour des points principaux de la ville.
Sommaire de l’article :
- Mon arrivée à Chimkent, par avion depuis Astana
- En route vers Central Park, le parc central de Chimkent
- La place Ordabassy et le Parc de l’Indépendance
- La citadelle de Chimkent
- Un détour par le Mega Planet
- Encore un parc : le Parc Abaï, à la mémoire des soldats kazakhs
- Un dernier tour avant de quitter Chimkent : le Qyrgy Bazar
- Informations pratiques
Mon arrivée à Chimkent, par avion depuis Astana
Chimkent est l’avant-dernière ville de mon séjour de 10 jours au Kazakhstan (pour en savoir plus : lire l’itinéraire complet de mon voyage au Kazakhstan). Pour rejoindre cette ville du sud du Kazakhstan depuis Astana, ma précédente étape, je prendrai un aller simple en avion avec la compagnie aérienne SCAT Airlines, une des compagnies low-cost du Kazakhstan.
Le vol dure environ 1h40, et bonne nouvelle pour les voyageurs qui font attention à leur budget : les vols intérieurs sont plutôt bon marché au Kazakhstan, du fait de la concurrence entre les compagnies aériennes. Surtout, cela fait gagner beaucoup de temps par rapport au train (il faudrait alors compter environ 20h de trajet)…
Bonne surprise en arrivant à Chimkent : la température est bien plus agréable qu’à Astana ! En ce mois d’octobre (pendant lequel je voyage au Kazakhstan), les températures commençaient à être négatives à Astana. Mais ici, à Chimkent, je retrouve des températures qui avoisinent les 20 degrés !
Comme j’en ai pris l’habitude au Kazakhstan, mon premier réflexe en sortant de l’aéroport de Chimkent est de commander un Yandex (l’équivalent local d’Uber) pour rejoindre mon hôtel en centre-ville : le Megapolis Hotel. Ce sera l’un des hôtels les plus confortables de mon séjour au Kazakhstan (et, par la même occasion, l’un des moins chers, comme quoi…).
En route vers Central Park, le parc central de Chimkent
Une fois installé à l’hôtel, je regarde rapidement le plan de la ville pour décider dans quelle direction partir. Rien que sur le trajet depuis l’aéroport, j’ai déjà ressenti que Chimkent avait quelque chose de beaucoup plus oriental. Les rues sont plus agitées, un peu moins propres aussi… Les gens aussi, paraissent un peu moins froids (à l’image du climat de la ville).
J’aimerais faire un tour dans un bazar, mais je me rends compte que ce n’est pas le bon jour : j’arrive un lundi, et c’est jour de fermeture dans la plupart des bazars de Chimkent. Et notamment du plus grand bazar de Chimkent, le Qyrgy Bazar (voir plus bas).
Je décide de descendre la rue sur laquelle se trouve mon hôtel, au bout de laquelle se trouve le Parc central de Chimkent. C’est un parc sympathique, élégamment fleuri et avec de jolies fontaines.

Les températures plus clémentes de Chimkent incitent ici les habitants à flâner dehors : comme je l’ai souvent vu dans les villes du sud du Kazakhstan, les parcs sont des lieux de rencontre très vivants. Et des lieux de promenade très agréables. Des gens de tous âges se croisent : des adolescents assis sur les bancs ou jouant à des jeux de ballon, ou des vieux messieurs happés par des parties endiablées de dominos !
J’aurais l’occasion de retourner dans ce parc en soirée, à la nuit tombée. L’occasion de constater que l’animation du parc est garantie à toute heure… Même si les vieux messieurs semblent être rentrés se coucher, certes !
La place Ordabassy et le Parc de l’Indépendance
Un peu plus au sud, je découvre une grande place monumentale : c’est la place Ordabassy de Chimkent. On y trouve une mosquée, sur le côté, et au centre, une grande colonne au-dessus de laquelle trône une statue féminine : c’est le Monument à la Terre Mère. On sent l’inspiration soviétique, mais ici, on a semble-t-il fait un petit effort pour rester dans la mesure…
De là, un grand escalier en métal permet de rejoindre le Parc de l’Indépendance. Ce parc a été inauguré en 2011, à l’occasion des commémorations du 20e anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan.
L’escalier serait censé symboliser la transition entre le Chimkent historique, en haut (au-delà du Parc de l’Indépendance, vers la Citadelle de Chimkent) et la ville moderne, en bas, derrière la place Ordabassy.

En haut de l’escalier, un gigantesque drapeau kazakh flotte dans les airs. Derrière, on peut voir un monument un peu étrange : le Altyn Shanyrak. Avouons-le, le monument est un peu informe : les mauvaises langues pourraient y voir une gigantesque poubelle de bureau…
En réalité, le Altyn Shanyrak est un monument important qui symbolise l’unité du Kazakhstan. En effet, le monument a été réalisé avec 137 éléments métalliques différents, qui symbolise les 137 nationalités différentes qui vivraient au Kazakhstan. Dis comme ça, c’est un peu plus noble !…

La citadelle de Chimkent
En montant le fameux escalier dont je parlais plus haut, on gagne de la hauteur sans vraiment s’en rendre compte.
Et pour cause : on grimpe sur l’une des collines de Chimkent. Et de l’autre côté du Parc de l’Indépendance, on tombe rapidement nez à nez avec l’endroit le plus vieux de la ville : la citadelle de Chimkent.
Longtemps négligée des habitants, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que d’importantes fouilles archéologiques révèlent tous les secrets de la forteresse de Chimkent. Son histoire remonterait ainsi à plus de 2200 ans, comme en témoigne certaines céramiques excavées sur place !

La citadelle de Chimkent était un lieu important de la ville, car elle a longtemps servi à protéger cette ville stratégique (ou la ville de Sayram, à quelques kilomètres de Chimkent, encore plus ancienne) sur la Route de la soie au Kazakhstan. L’architecture de la citadelle a ainsi évolué au fil des siècles, et des besoins croissants de défense.
Aujourd’hui, le bâtiment qu’on peut voir à Chimkent est la reconstruction de la forteresse telle qu’elle était entre 1810 et 1864, durant l’apogée du Khanat de Kokand. En 1864, les Russes attaquent la citadelle de Chimkent et réussissent à prendre la ville.
En réalité, les murs extérieurs de la citadelle de Chimkent n’ont rien d’historique : ils ont été reconstruits en 2020 ! Et c’est la seule chose que je réussirai à voir lors de mon passage à Chimkent : je vous le rappelle, on est lundi ; et lundi, à Chimkent, tout est fermé ou presque…

Un détour par le Mega Planet
Tant pis, je remonte vers le centre-ville. Et j’en profite pour visiter un lieu un plus moderne de la ville : le centre commercial Mega Planet.
Rien d’extraordinaire à y voir, si ce n’est qu’au rez-de-chaussée le centre commercial abrite une grande patinoire qui fait la joie des habitants. Étonnamment, je n’en ai vu aucune à Astana où les températures étaient négatives… et c’est quand j’arrive à Chimkent, où il fait 20°, que je tombe nez-à-nez avec une patinoire. Soit !
L’arrêt au centre commercial Mega Planet est aussi l’opportunité d’une pause logistique : le dernier étage accueille un immense food court, avec une terrasse agréable. Bon, c’est du food court kazakh, avec ses fast food un peu étonnants : des restaurants qui servent aussi bien des sushis, de la pizza et des hamburgers !
Dommage, la cuisine de l’Ouzbékistan tout proche vaut pourtant le détour… mais j’aurai l’occasion de me rattraper pendant ma visite de Turkestan, quelques jours plus tard.

Encore un parc : le Parc Abaï, à la mémoire des soldats kazakhs
Une fois mon repas englouti, je peux reprendre ma visite de Chimkent vers une autre attraction de la ville, le Parc Abaï.
Bien que d’un style très soviétique, le Parc Abaï (du nom d’un grand poète kazakh du 19e siècle, Abaï Kunanbaïuly) est un pilier de l’identité kazakh. En effet, le Parc Abaï de Chimkent commémore les grandes guerres auxquelles le Kazakhstan a participé au cours du 20e siècle.
Au sein du parc, qui n’en reste pas moins un grand parc récréatif comme les apprécient les Kazakhs (j’ai pu le constater dans à peu près toutes les villes où je me suis rendu durant mon voyage au Kazakhstan), d’impressionnants monuments se dressent devant le regard des passants.
Le Monument aux pilotes
On l’aperçoit de loin, une fois l’entrée monumental du Parc Abaï franchi. Un grand avion de chasse de l’époque soviétique. C’est le Monument aux pilotes, qui comme son nom l’indique rend hommage aux pilotes kazakhs, qui se sont notamment illustrés pendant la Seconde guerre mondiale (qu’on appelle ici encore la « Grande Guerre patriotique », et qu’on limite à la période 1941 – 1945 : dates qu’on retrouve en gros sur les monuments).

Le Mémorial de la Gloire
Le Monument aux pilotes fait face à une longue allée, de part et d’autre de laquelle on peut lire de très nombreux noms. C’est le Mémorial de la Gloire (ou allée de la Gloire) : au total, près de 140 000 noms de soldats de cette région du Kazakhstan sont gravés dans la pierre.
Une façon pour le Kazakhstan de ne pas oublier ses combattants, ainsi que le rappelle les mots inscrits en russe à l’entrée de l’allée : Никто не забыт, ничто не забыто (« personne n’est oublié, rien n’est oublié »).
Au bout de l’allée, on trouve un grand monument qui prend la forme de deux flèches pointant vers le ciel. Avec, à son pied, une flamme éternelle.

Le Musée des victimes de la répression politique
En face du Parc Abaï, on peut visiter le Musée des victimes de la répression politique de Chimkent. À l’image de la plupart des musées du Kazakhstan de cette taille, le prix d’entrée est modeste, mais les salles sont petites (si vous avez de la chance, on vous allumera la lumière…) et sans aucune explication en anglais.
À en croire les commentaires sur internet, ce musée-ci ne fait pas exception, et je décide donc de faire l’impasse sur la visite. Après tout, il fait beau et chaud, alors autant continuer de profiter de Chimkent en extérieur !

Un dernier tour avant de quitter Chimkent : le Qyrgy Bazar
Je quitte Chimkent le lendemain matin en fin de matinée. Mais avant cela, je ne peux m’empêcher de faire un détour par l’un des lieux les plus animés de Chimkent (sauf le lundi !) : le bazar Qyrgy.
De l’extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine. De là où j’arrive, j’entre dans le bazar par les galeries dans lequel se trouve les vendeurs de vêtements et autres babioles, qui ne semblent pas encore avoir ouverts : l’espace d’un instant, je crains l’échec et que tout soit encore fermé…
Heureusement, une fois arrivé dans le grand hall du marché, consacré à l’alimentaire, les gens sont là ! Je déambule au hasard à travers les stands de charcuterie, de fromages (avec les célèbres kuruts, ces petites boules de lait fermenté et durci typique de l’Asie centrale : attention, c’est salé !).

En périphérie de ce hall, en descendant quelques marches, on tombe sur la principale attraction des bazars d’Asie centrale : les stands des bouchers. Il faut les voir s’affairer à découper la viande. Et en particulier l’un des mets de choix en Asie centrale : la tête de mouton !
Quelques vendeurs m’accostent pour me demander d’où je viens… mais désolé, je ne ramènerai pas une tête de mouton dans mes bagages !
D’ailleurs, il est temps pour moi de rentrer à l’hôtel récupérer mes bagages, avant de prendre le train direction Turkestan, la dernière étape de mon voyage au Kazakhstan…
Informations pratiques
- Chimkent est relié par avion à plusieurs villes du Kazakhstan, dont Almaty et Astana (compter 1 à 2 heures d’avion). Les voyageurs moins pressés pourront aussi s’y rendre en train.
- Située à une centaine de kilomètres de l’Ouzbékistan, Chimkent est aussi une porte d’entrée du Kazakhstan depuis Tachkent, la capitale ouzbek.
- Depuis le centre-ville, les lieux présentés dans cet article sont facilement accessibles à pied. Comme vous l’aurez compris en lisant cet article, évitez une visite de Chimkent le lundi, car beaucoup de lieux (dont le Qyrgy Bazar ou la citadelle de Chimkent) seront fermés.



Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en octobre 2025.
Voyager au Kazakhstan : fiche pratique
- Se rendre au Kazakhstan :
- les deux grands aéroports internationaux du pays sont Astana (au nord) et Almaty (au sud) : des vols réguliers avec Air Astana (la compagnie nationale), Qatar Airways, Turkish Airlines, LOT…
- lire mon avis sur Qatar Airways vers le Kazakhstan
- Préparer son voyage au Kazakhstan :


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