Doha, la capitale du Qatar, est encore dans l’esprit de beaucoup de touristes une ville de passage davantage qu’une destination en soi. On y passe quelques heures en escale à l’aéroport, avant de reprendre son avion vers la destination de ses « vraies » vacances (souvent en Asie)… Pourtant, c’est passer un peu (trop) rapidement sur la riche histoire du Qatar. On peut facilement passer quelques jours à Doha sans s’ennuyer !
Dans cet article, je vous emmène avec moi pour une visite du musée d’Art islamique de Doha. Il s’agit du plus grand musée de Doha, que j’ai découvert lors d’une escale de quelques jours au Qatar en revenant de mon voyage de 10 jours au Kazakhstan.
Sommaire de l’article :
Le musée d’Art islamique : le plus grand musée de Doha
L’une des plus importantes collections d’art islamique dans le monde
Situé sur une presqu’île artificielle au bout de la Corniche de Doha, le Musée d’Art islamique est l’un des lieux culturels les plus emblématiques du Qatar.
Ouvert en 2008, il abrite l’une des collections d’art islamique les plus riches au monde. Les collections du musée couvrent plus de 1 400 ans d’histoire et proviennent de régions aussi diverses que l’Espagne andalouse, l’Égypte, l’Iran, l’Inde ou encore l’Asie centrale. Pour les visiteurs de Doha, il constitue une porte d’entrée accessible vers la culture et l’histoire du monde islamique.
Au-delà de sa collection, le musée d’Art islamique joue un rôle majeur dans le développement culturel de Doha. Il symbolise l’ambition du Qatar de devenir un centre culturel international et de valoriser le patrimoine artistique du monde islamique. Aujourd’hui, le musée d’Art islamique de Doha constitue ainsi l’un des symboles culturels les plus forts de la capitale qatarie.

Une architecture remarquable
L’architecture du musée d’Art islamique de Doha est tout aussi remarquable que les œuvres qu’il abrite. D’ailleurs, en se promenant sur la Corniche de Doha, on l’aperçoit de loin !
Le bâtiment du musée a été conçu par l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, célèbre en France pour avoir conçu la pyramide du Louvre à Paris. Inspiré par l’architecture islamique traditionnelle, il a imaginé un édifice géométrique aux volumes épurés, construit en pierre calcaire couleur sable. Ses formes empilées évoquent les lignes d’anciennes forteresses ou de mosquées, tandis que sa position isolée sur l’eau accentue sa silhouette. Au coucher du soleil, en particulier, le point de vue est spectaculaire !
À l’intérieur, de vastes espaces mettent en valeur les collections exceptionnelles du musée : céramiques, textiles, manuscrits, verreries, bijoux et objets métalliques témoignent de la richesse artistique des civilisations islamiques à travers les siècles. Le grand atrium central, dominé par un immense dôme et un escalier monumental, constitue peut-être l’un des espaces les plus impressionnants du musée.

Mon arrivée au musée depuis la Corniche de Doha
La visite du musée d’Art islamique de Doha n’est que l’une des activités que j’ai faites durant mon escale de quelques jours à Doha. Je prévois ma visite en fin de journée, juste après avoir assisté à la parade de la garde princière, devant le Palais princier de Doha.
J’arrive donc au musée par la Corniche de Doha, cette longue promenade aménagée en bordure de la baie de Doha. La promenade permet de voir apparaître progressivement le joli bâtiment du musée d’Art de Doha.
Le musée surgit de derrière les Shu’i, les bateaux traditionnels du Qatar, stationnés en nombre à proximité du musée pour promener les touristes, sono à fond et guirlandes de lumières allumées, dans une ambiance un peu kitsch.
Pour acheter votre billet d’entrée au musée d’Art islamique de Doha : voir les offres en ligne sur GetYourGuide.

Ma visite à travers les collections du musée d’Art islamique de Doha
Au rez-de-chaussée, une exposition temporaire sur la nourriture dans le monde islamique
Lors de ma visite du musée, le rez-de-chaussée est occupé par une grande exposition temporaire consacrée à l’art du festin dans le monde islamique.
Les collections mettent en valeur l’art de la table et du bien-manger dans toute la variété du monde islamique : au Moyen-Orient, bien sûr, mais aussi dans le monde turc, en Iran, en Asie centrale ou encore au Maghreb.
La muséographie est intéressante, quoiqu’un peu orientée : je tombe sur des affiches en français datant de l’époque coloniale en Afrique du nord, qui mettent en valeur les produits agricoles des pays du Maghreb. À côté, les affiches du musée soulignent « la vision romantique de l’agriculture et du tourisme » qui « masquent l’exploitation des ressources et de la main‑d’œuvre locales sous le régime colonial », et saluent le fait que « ces nations ont aujourd’hui repris le contrôle sur leur agriculture ».
La critique parait un peu facile, alors même qu’une heure plus tôt, le long de la corniche, je longeais de grands travaux de rénovation de la route principale, refaite en une nuit par une armée d’ouvriers indiens… pas sûr qu’ils ne soient pas un peu exploités quand même, eux aussi !

Dans les étages, les collections permanentes
Les étages sont consacrés aux collections permanentes du musée. Les derniers étages sont encore vides : il semblerait que le musée se garde de la place pour d’éventuels agrandissements à venir au cours de prochaines idées. C’est sans doute une excellente précaution !
La déambulation me permet de découvrir quelques pièces parmi les plus importantes du musée. J’ai en particulier beaucoup apprécié :
- un minuscule manuscrit miniature du Coran : datant du 16e siècle après Jésus-Christ (ou du 10e siècle dans le calendrier musulman), il a été retrouvé dans la province de Chiraz en Iran ;
- la sitara de la Kaaba : un textile magnifiquement décoré, datant du milieu du 19e siècle, qui a recouvert jadis les portes de la Kaaba, le lieu sacré de La Mecque. La Kaaba est en effet recouvert d’un textile noir, changé chaque année (à la fin du grand pèlerinage islamique, le « hajj »).
- le Doha Hind (la « biche de Doha ») : une magnifique statue de biche, datant du 10e siècle, qui décorait jadis la Madinat al-Zâhira, l’un des palais de Cordoue en Andalousie (Espagne).
Bon à savoir : dans le musée, les dates des objets des collections sont d’abord indiquées dans le calendrier musulman (avec le sigle « AH » : pour anno hegiræ, année de l’Hégire). La correspondance dans notre calendrier est indiquée par le sigle « CE » (pour Common Era : ce qui permet d’éviter la référence chrétienne de notre calendrier grégorien). Il y a environ 620 ans d’écarts entre les deux calendriers.

Les espaces communs du musée d’Art islamique : le grand hall, les terrasses…
Visiter le musée d’Art islamique de Doha, ce n’est pas juste profiter des immenses collections du musée ! C’est aussi admirer un bâtiment très joliment conçu, sous ses différentes facettes…
Dès l’entrée, on en prend plein les yeux avec le grand hall du musée. Au fond, une grande baie vitrée sur toute la hauteur du bâtiment offre une jolie vue sur la skyline de Doha. Des tables sont présentes pour boire un verre en profitant de la vue, entre deux étages à explorer…
L’autre grand atout du musée, c’est sa grande terrasse à l’ouest. Ornée de quelques fontaines, elle offre aussi une vue splendide sur la baie de Doha. On peut y apercevoir la fameuse Corniche de Doha, et ses bateaux traditionnels (splendide au coucher du soleil !) ou la skyline de West Bay. De quoi profiter d’un dernier coup d’œil sur la ville avant de rentrer dans sa chambre d’hôtel…
Informations pratiques
- Le musée d’Art islamique de Doha est ouvert tous les jours (sauf le mercredi). Généralement de 9h à 19h, sauf : le jeudi (fermeture à 21h) et le vendredi (ouverture à 13h30).
- Pendant le Ramadan, les horaires sont également ajustés (le musée ferme l’après-midi mais rouvre le soir jusqu’à minuit).
- Prévoir environ 1h30 de visite pour explorer l’ensemble du musée.
- Attention : compte-tenu de la situation en cours au Moyen-Orient, le musée est temporairement fermé jusqu’à nouvel ordre. Plus d’informations sur le site officiel du musée d’Art islamique de Doha.



Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en octobre 2025.
Voyager à Doha : fiche pratique
- Se rendre à Doha :
- jusqu’à 4 vols directs/jour depuis Paris avec Qatar Airways
- la compagnie permet de faire escale gratuitement à Doha avec la plupart de ses billets
- Se loger à Doha :
Découvrez nos récits de voyage à travers le Moyen-Orient :

If you see this after your page is loaded completely, leafletJS files are missing.
À découvrir aussi :
Les commentaires (0)
Vos questions, vos avis ou vos expériences en voyage nous aident à proposer un contenu de qualité, utile et à jour.
Pour être alerté(e) par courriel d'une réponse à votre commentaire, cochez la case prévue à cet effet avant de l'envoyer. Veuillez noter que les commentaires sont soumis à une modération préalable avant d'être publiés sur Ahmontour.com.