Capitale au style de vie zen et au design épuré, Copenhague étonne par son équilibre entre rigueur nordique et créativité urbaine. Mais c’est dans le quartier de Christiania, installé dans l’ancien secteur militaire de Christianshavn, que la ville révèle son visage le plus inattendu. Cette communauté autoproclamée libre et alternative défie les normes depuis plus de 50 ans. Loin des circuits touristiques classiques, Christiania cultive sa différence dans un décor mi-bohème, mi-rural.
Dans cet article, je vous emmène découvrir le quartier de Christiania, à Copenhague. Un quartier qui a su conserver une âme hippie, dans une ambiance détendue et adaptée aux familles.
Sommaire de l’article :
Christiania, le quartier libre le plus connu de Copenhague
S’il y a bien un quartier qui intrigue quand on prévoit une visite de Copenhague, c’est le quartier de Christiania ! Un quartier alternatif un peu mythique qui figure sur la plupart des guides touristiques…
L’entrée principale de Christiania se fait par un portail emblématique. Une inscription, côté entrée : « Christiania ». Et côté sortie : « You are now entering the EU ». Le ton est donné ! Passé ce seuil, on découvre un monde un peu à part, où les murs se couvrent de fresques colorées, de messages politiques, et de symboles contre-culturels…
La rue la plus connue du quartier de Christiania à Copenhague est Pusher Street, célèbre (et controversée) pour son marché de cannabis à ciel ouvert. Bien que théoriquement illégal, le commerce y est toléré, sous certaines conditions tacites, et les photographies y sont strictement interdites.
Plus loin, on découvre des constructions bricolées, faites de matériaux recyclés, parfois très créatives, parfois rudimentaires. Les sentiers bordés d’arbres longent un petit lac, des jardins partagés et des cabanes colorées. Dans un grand hangar près de la place principale de Christiania, des artisans vendent des matériaux de construction en même temps que des petits objets faits main : une sorte de Leroy Merlin alternatif.
Des cafés en plein air (aux noms plus ou moins évocateurs : du café Woodstock au café Nemoland) proposent des plats végétariens, des concerts spontanés ou des lectures publiques. Oui, l’atmosphère à Christiania est résolument détendue, et souvent festive.

Aux origines de Christiania : une friche devenue utopie
Le quartier de Christiania à Copenhague est né en 1971, dans un contexte de crise du logement et d’effervescence contestataire. Des citoyens, majoritairement jeunes, décident d’occuper une ancienne caserne militaire désaffectée dans le quartier de Christianshavn. L’opération, d’abord spontanée, s’inscrit rapidement dans une volonté d’expérimenter un mode de vie en rupture avec la société capitaliste : absence de hiérarchie, rejet de la propriété privée, vie communautaire, autosuffisance.
Les autorités, d’abord réticentes, tolèrent cette « prise » de terrain, qui fait vite l’objet de débats politiques nationaux. La presse s’en empare, et Christiania devient alors le symbole d’un mouvement plus vaste de réinvention urbaine. Ce village libertaire attire des artistes, des marginaux, des rêveurs, mais aussi des familles et des militants.
La vie à Christiania est organisée selon une charte de vie interne, prônant la liberté individuelle tant qu’elle ne nuit pas aux autres. À sa manière, Christiania incarne l’utopie scandinave des années 1970.
Une ville dans la ville : comment fonctionne Christiania ?
Christiania a longtemps évolué dans une zone grise du droit. Ni tout à fait légalisée, ni totalement réprimée, elle a bénéficié d’un statut de « tolérance contrôlée » jusqu’en 2011. Les habitants de Christiania y vivent sans aucune propriété individuelle : personne ne peut y acheter de maison.
Les décisions relatives à l’organisation de la vie locale sont prises lors d’assemblées générales ouvertes à tous les résidents. Des groupes de travail thématiques s’occupent des infrastructures, de l’accueil des nouveaux venus, de l’entretien, ou encore des affaires juridiques… Un modèle d’organisation qui attire même jusqu’à Christiania des chercheurs du monde entier !
Christiania dispose de ses propres services : boulangerie, cantines, cafés, ateliers d’artisans, et même une petite école alternative. Christiania dispose carrément de sa propre régie électrique artisanale !
La ville libre de Christiania se visite librement en solo. Mais si l’histoire de ce quartier alternatif de Copenhague vous intéresse particulièrement, je vous recommande d’opter pour une visite guidée : voir toutes les visites guidées de Christiania proposées sur GetYourGuide.
Une histoire mouvementée entre tensions et compromis
Depuis sa création, le quartier de Christiania à Copenhague a souvent été au cœur de polémiques politiques : les ventes de drogue sur Pusher Street, les questions de sécurité ou la légitimité de l’occupation foncière ont donné lieu à plusieurs tentatives d’expulsion. Le gouvernement danois a ainsi tenté à plusieurs reprises de reprendre le contrôle de la zone, sans succès.
Un tournant majeur survient en 2011 : les habitants, avec l’aide de soutiens extérieurs, créent la Fondation de Christiania, une structure légale qui leur permet de racheter collectivement le terrain à l’État. L’accord marque alors une forme de légalisation du projet.
Ce compromis met fin à plusieurs décennies d’incertitude. Toutefois, il a ouvert aussi une nouvelle phase de Christiania : moins rebelle, plus encadrée. Le quartier doit désormais composer avec un afflux touristique important, des enjeux de gestion plus professionnels, et une pression croissante du marché immobilier environnant.
Malgré cela, Christiania conserve son identité distincte et reste un laboratoire social unique en Europe.

Christiania dans l’imaginaire danois et international
Pour beaucoup de Danois, le quartier alternatif de Christiania représente un espace de liberté nécessaire, un contrepoids aux logiques de contrôle et de consommation. Pour d’autres, elle incarne un problème de gestion urbaine ou un héritage anarchiste à moderniser.
À l’étranger, Christiania bénéficie d’une réputation quasi mythique. Elle figure dans de nombreux guides alternatifs, documentaires, et récits de voyage. Le quartier inspire des artistes, des militants écologistes, des architectes ou des penseurs du commun. Son modèle d’autogestion est même étudié dans les universités, et sa culture populaire est exportée sous forme de musiques, de vêtements ou encore de petits objets d’artisanat.
Mais cette visibilité mondiale entraîne aussi une forme de folklorisation. La présence massive de touristes, surtout l’été, modifie le visage du quartier de Christiania. Certains résidents craignent, voire regrettent déjà, que « leur » Christiania devienne une attraction pour les touristes. Des efforts sont ainsi faits pour limiter cette dérive : visites guidées encadrées, communication sur le respect du lieu, projets pédagogiques.
Informations pratiques
- Le quartier de Christiania est facilement accessible depuis le centre-ville de Copenhague, y compris à pied. En métro, la station la plus proche est Christianshavn, à 10 minutes de marche environ.
- Pour une première visite, privilégiez plutôt une visite en journée. Le quartier peut se visiter librement, et se situe au milieu d’un espace vert très agréable. Même si la réputation de certaines de ses activités est sulfureuse, le quartier de Christiania ne présente pas de problème de sécurité.
- De nombreux cafés vous permettront de vous restaurer ou de faire une pause, y compris en terrasse aux beaux jours.
- Respectez les habitants et, plus important encore, les règles limitant les lieux où vous pouvez prendre des photos. En particulier, il n’est pas possible de prendre de photos sur Pusher Street. Cette interdiction est clairement rappelée par des panneaux à l’entrée de la rue.



Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en mars 2025.
Voyager à Copenhague : fiche pratique
- Se rendre à Copenhague :
- Se loger à Copenhague :
- Lors de mon week-end à Copenhague, j’ai logé au Comwell Copenhagen Portside Dolce by Wyndham : un hôtel moderne près du port, au bout de la ligne 4 du métro à la station Orientkaj. L’hôtel est un peu excentré, mais grâce au métro, cela reste raisonnable (à 20 minutes seulement de Rådhuspladsen). L’hôtel, destiné plutôt à une clientèle d’affaires, brade ses prix le week-end !
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