À Hanoï, la nuit ne tombe jamais vraiment : elle transforme la ville. Autour du lac Hoan Kiem, chaque soirée devient une expérience différente, entre lumières, odeurs de rue et rencontres inattendues. En quelques heures, on passe d’une averse tropicale à un dîner improvisé sur un trottoir, d’un marché animé à une célébration spirituelle. Ce sont ces instants, imprévus et vivants, qui font le vrai visage de Hanoï une fois le soleil couché.
Dans cet article, je vous raconte mes deux premières soirées à Hanoï, après mon arrivée au Vietnam depuis Singapour (un voyage en Asie du sud-est que j’ai effectué en mai 2024). En plus, sacrée surprise : je me retrouve au milieu des célébrations du Phật Đản, un moment sacré au Vietnam !
Sommaire de l’article :
- Mes premiers pas dans la ville… et ma première pluie de mousson !
- L’heure du dîner : direction les restaurants de rue de Trang Tien
- Les marchés nocturnes de Hanoï, une ville qui ne dort jamais
- Le lac Hoan Kiem, le cœur battant d’une soirée à Hanoï
- La rue du train de Hanoï
- Une surprise inattendue : une impressionnante procession pour l’anniversaire de Bouddha !
- Informations pratiques
Mes premiers pas dans la ville… et ma première pluie de mousson !
À peine les valises posées dans ma chambre d’hôtel, j’ai déjà une folle envie de découvrir Hanoï. Ma chambre donne sur la rue (bordée de platanes, à la française). Je prends le temps de regarder par la fenêtre, et déjà l’une des particularités des rues vietnamiennes me saute aux yeux : l’omniprésence des scooters ! Le moyen de transport préféré des Vietnamiens. Ça klaxonne dans tous les sens, dans un capharnaüm déjà dépaysant…
Je flâne un peu au hasard dans les rues autour de mon hôtel, pour prendre gentiment mes marques dans la ville. Mon hôtel est situé à quelques rues du lac Hoan Kiem, le cœur battant de Hanoï. Impossible de ne pas s’y diriger…
Oui, mais voilà, l’air est lourd, et quelque chose se prépare. Au loin, le tonnerre. Cela se rapproche… puis les éclairs dans le ciel. Dans la rue, les vendeurs ambulants font comme si de rien n’était, quand soudain… Vlan, une incroyable pluie de mousson s’abat sur Hanoï !
Pendant quelques minutes, tout ou presque s’arrête. On cherche un refuge. Les scooters s’arrêtent sur le bas-côté et se recouvrent d’une cape de pluie en plastique. Ici, tout le monde sait qu’il n’y a pas grand-chose à faire d’autre que d’attendre quelques minutes : c’est le temps qu’il faut pour que tout redevienne à peu près calme…
L’heure du dîner : direction les restaurants de rue de Trang Tien
Quand tout s’arrête, mon estomac me rappelle à une évidence : il commence à faire faim ! Et ça tombe bien, le Vietnam est un pays irrésistible pour qui aime bien manger…
Trang Tien, le quartier français de Hanoï
Pour mon premier repas à Hanoï, direction le quartier de Trang Tien, au sud-est du lac Hoan Kiem. Le voyageur français sera frappé d’y découvrir de nombreux bâtiments lui rappelant peut-être Paris (à commencer par l’opéra de Hanoï, inspiré de l’Opéra Garnier) : et pour cause, vous vous trouvez dans le quartier français de Hanoï !
Non loin de là, sur la façade du commissariat du quartier, vous pourrez même encore y lire en français l’inscription « Commissariat de police » : un vestige bien sûr de l’époque coloniale, du temps de l’Indochine. Ça ne gêne personne ici, et d’ailleurs, pendant mon voyage (en mai) on célèbre à Hanoï la victoire de Diên Biên Phu sur les Français : de très nombreuses affiches officielles décorent les rues de Hanoï !

Mon premier repas à Hanoï
Pour mon premier repas, je me laisse tenter par une petite gargotte de rue dans le quartier. Une odeur alléchante m’attire dans une petite ruelle en travers de la rue principale. La cuisine d’un restaurant de rue y est installée. Je commande (totalement au hasard) un xá xíu, un plat de porc laqué originaire de Chine mais très populaire dans la cuisine vietnamienne.

Assis sur ma chaise en plastique (l’autre star des rues de Hanoï !), j’engloutis mon repas simple (et économique : à peine 2€ !) mais délicieux. Je dois dire que le contraste est un peu vertigineux, quand j’imagine que 48 heures plus tôt j’étais plutôt en train de tester la cuisine d’Alain Ducasse pour entamer ce voyage en Asie du sud-est (à bord de mon vol en La Première)…
Fraîchement repu, je lance un Ngon quá (« c’est délicieux », en vietnamien) à la cuisinière… Sa tête me laisse d’abord croire que mon accent vietnamien est trop approximatif, mais après quelques nouvelles tentatives elle comprend enfin ce que je veux lui dire : grand sourire de sa part. Un autre incontournable du Vietnam !

Les marchés nocturnes de Hanoï, une ville qui ne dort jamais
Alors que je quitte ma gargotte du soir, la nuit est tombée depuis longtemps sur les rues de Hanoï… Pourtant, ici, la soirée ne commence véritablement qu’à partir de 18h !
En effet, passée cette heure, autour du vieux quartier, plusieurs rues se ferment à la circulation pour laisser place au célèbre marché nocturne du week-end. Un espace piéton de près de 3 kilomètres qui s’étire du lac Hoan Kiem jusqu’au marché de Đồng Xuân.
L’impression est saisissante. En s’éloignant vers le nord du lac, des centaines d’étals apparaissent là où circulaient encore autant de scooters quelques heures plus tôt. On parle de plus de 3 000 à 4 000 stands certains soirs !

La foule (des touristes, mais pas que, fort heureusement !) suit le même rythme. Entre 20h et 22h, le cœur du marché devient compact. Jusqu’à 50 000 à 100 000 visiteurs peuvent s’y croiser sur une seule soirée.
Dans les marchés nocturnes de Hanoï, on y trouve de tout (pourtant, ce n’est pas la Samaritaine) : des vêtements, des contrefaçons (bien sûr !), des souvenirs à gogo, et avec un peu de chance de l’artisanat. Mais surtout, évidemment : on y mange ! Pour quelques dizaines de milliers de dôngs (soit à peine 2 ou 3 €), on peut goûter à une cuisine locale simple et immédiate.
Le lac Hoan Kiem, le cœur battant d’une soirée à Hanoï
En revenant vers le lac Hoan Kiem, l’ambiance change encore. Là encore, le week-end, le quartier devient entièrement piéton. Mais ici, pas de stands à perte de vue : on profite de l’espace, d’un silence relatif, et surtout… on rencontre des gens. Beaucoup de gens.
Des groupes de jeunes dansent, des familles se promènent, des enfants jouent… Au détour d’un carrefour, la rue s’est transformée en dance floor géant. Les scooters ont laissé place aux chaises en plastique : les gens viennent là, avec leurs provisions, passer un petit moment à regarder les gens danser au rythme de la sono qui crache de la musique. Réjouissant.
Certains s’assoient pour discuter, d’autres improvisent des jeux ou des performances. Autour du lac Hoan Kiem, c’est un spectacle permanent, avec pour scène le macadam, et sans aucun billet nécessaire !

La rue du train de Hanoï
Il y a des lieux dont on entend parler avant même d’y aller. La rue du train de Hanoï en fait partie ! Un décor étonnant : une voie ferrée coincée entre deux rangées de maisons.
En soirée, l’ambiance y est particulière. Les cafés installent leurs petites tables à quelques centimètres des rails. On boit un verre là où, quelques minutes plus tard (peut-être), passera un train.
Le passage des trains n’est pas si fréquent : en moyenne, quelques trains par jour seulement, souvent en fin d’après-midi ou en soirée selon les horaires de la ligne reliant Hanoï au nord du pays. Mais c’est justement cette attente qui rend le moment intéressant !

Tout le monde déambule tranquillement, s’installe à une terrasse un verre à la main (en commandant éventuel un café à l’œuf, la célèbre boisson de Hanoï). Puis, sans prévenir, tout change. Un signal, un cri, un geste. Les tables disparaissent, les chaises se replient, chacun se plaque contre les murs. En moins d’une minute, la rue se transforme.
Et le train arrive. Lentement, bruyamment, à quelques centimètres des visages. Un passage spectaculaire, presque irréel, qui ne dure pourtant que quelques secondes. Puis tout reprend : et les tables reviennent…
Ce lieu, longtemps fermé puis rouvert sous conditions pour des raisons de sécurité, reste aujourd’hui très encadré. Mais il conserve ce mélange unique de vie locale et de curiosité fascinante.
Une surprise inattendue : une impressionnante procession pour l’anniversaire de Bouddha !
Une foule pas comme d’habitude…
Le lendemain, je déambule de nouveau au hasard des rues, sans trop savoir à quoi m’attendre… Quand soudain, je sens que quelque chose n’est pas comme d’habitude !
Certes, les rues de Hanoï ne sont pas particulièrement calmes d’ordinaire… Mais là, tout le monde semble converger vers un seul et même endroit. Vraiment. Bien sûr, je suis le flux…
Et soudain, au détour d’une rue, l’inattendu arrive : une foule énorme et statique, au milieu de la rue ! Tous habillés pareils. Enfin, pas tout à fait : j’observe qu’il y a plusieurs « groupes ». Là, des jeunes portant tous le même sweet bleu (des élèves de la même école ?) ; plus loin, des femmes toutes de noir vêtues portant une écharpe jaune et un sémaphore en forme de fleur de lotus. Par-dessus de la rue, des fanions aux couleurs du Vietnam sont tendus.
Il se passe quelque chose, ce soir à Hanoï. Et ce n’est pas un simple rassemblement : c’est une procession !

Des chars et des lumières : Hanoï est une fête
Autour de moi, j’aperçois des gens déguisés en costume de dragon. D’autres portant d’énormes décorations colorées. Au loin, je vois ce qui ressemble à de gros chars tout éclairés : je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe, mais ça a l’air génial. J’essaie de remonter le flux.
La procession semble durer des kilomètres, et les cortèges avancent lentement. Ils semblent être encadrés par des moines, des fidèles, et même des familles qui les acclament.
La procession remonte une des artères principales de Hanoï, sans que la circulation ne soit véritablement coupée : ajoutant encore un peu plus de chaos à une ville qui n’avait déjà pas besoin d’en rajouter !
Quand j’ai remonté suffisamment la foule, je m’arrête et je profite alors du spectacle : pendant près d’une demie-heure, j’assisterai à un défilé invraisemblable de chars, de danseurs, etc. Des plateformes décorées, couvertes de fleurs, de lumières et de symboles bouddhistes.

Comprendre la fête : le Phật Đản, l’anniversaire de la naissance de Bouddha au Vietnam
Je n’ai strictement aucune idée de ce qui se passe, mais l’ambiance est là. Tout le monde semble joyeux, et s’acclame. Étonnamment, je suis l’un des rares occidentaux (la plupart des touristes de passage à Hanoï ne s’éloigne pas des alentours du lac Hoan Kiem…), et ma présence ne passe pas inaperçue ! On me sourit, on pose devant moi…

Heureusement, un jeune Vietnamien vient me parler. Il me demande d’où je viens ; je lui réponds Phàp (« France », en vietnamien). « Oh, you speak vietnamese ?! » : ouf, mon accent n’est pas si mauvais que ça ! Mais non, désolé, c’est tout ce que je sais dire (rappelez-vous, je n’arrive pas à prononcer Ngon quá correctement…).
Il m’explique que je suis en train d’assister au Phật Đản (d’ailleurs, je m’aperçois que ce nom est écrit partout sur les chars…) : c’est la fête de l’anniversaire de Bouddha. La fête bouddhiste est traditionnellement célébrée dans toute l’Asie du sud-est le jour de la pleine lune de mai, et j’arrive à Hanoï pile au bon moment : j’ai de la chance !
Elle commémore non seulement la naissance, mais aussi l’éveil et la mort du Bouddha. Reconnu par les Nations Unies depuis 1999, l’anniversaire de Bouddha (plus globalement appelé Vesak dans les pays bouddhistes) est aujourd’hui un événement religieux et culturel majeur, suivi par des millions de personnes à travers le monde.
Au Vietnam, les festivités s’étendent sur plusieurs jours : processions, cérémonies, bains rituels du Bouddha, illuminations de lanternes.
Ce soir-là, je n’avais rien planifié. Et pourtant, je me suis retrouvé au cœur d’un événement qui dépasse largement le simple voyage. Une leçon à retenir : les moments les plus marquants d’un voyage ne sont souvent pas ceux que l’on cherche… mais ceux qui vous trouvent.
Informations pratiques
- Marché nocturne du vieux quartier : ouvert du vendredi au dimanche, généralement de 18h à 23h. Le pic d’affluence se situe entre 20h et 22h.
- Lac Hoan Kiem piéton : les rues autour du lac sont fermées à la circulation du vendredi soir au dimanche soir : ambiance garantie !
- Rue du train de Hanoï : les horaires de passage des trains sur Train street varient, mais on observe souvent des trains en fin de journée (entre 19h et 21h). Vérifiez sur place ou auprès des cafés autorisés (certains affichent généralement les horaires de passage).
- Météo à Hanoï en mai : début de la saison des pluies avec des averses fréquentes. Prévoyez un poncho ou un parapluie léger, surtout en soirée. Les pluies sont intenses mais ne durent jamais très longtemps !



Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en mai 2024.
Voyager à Hanoï : fiche pratique
- Se rendre à Hanoï :
- Se loger à Hanoï :
- Lors de mon séjour à Hanoï, j’ai logé au GM Premium Hotel : un emplacement idéal dans le district de Hoan Kiem, à proximité du lac du même nom, emblématique de la capitale vietnamienne.
- voir les offres d’hôtel à Hanoï (hotels.com)
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