Après avoir visité le parc national de Lahemaa puis avoir découvert pendant une petite demie-journée Narva, à la frontière avec la Russie, je reprends la route pour poursuivre mon voyage en Estonie. Je dois rejoindre dans la soirée Tartu, la deuxième ville d’Estonie. Il faut traverser plus de la moitié du pays, car Tartu se situe au sud de l’Estonie… mais ce n’est l’affaire que de 2h30 de route environ ! Car le pays n’est pas bien grand : c’est l’avantage. Enfin, il est plus prudent de voir un peu plus de temps pour les quelques arrêts sur la route qui méritent le coup d’œil…
Dans cet article, je vous raconte les points d’intérêts que j’ai visités sur la route entre Narva et Tartu. Au programme : le manoir de Pagari, une tour d’observation perdue dans la forêt à Iisaku, l’impressionnant lac Peïpous et Balmoral en version estonienne…
Sommaire de l’article :
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Un arrêt au manoir de Pagari
Un arrêt ici : et pourquoi pas ?
Après avoir visité Narva, à la frontière russe, et Sillamäe, l’ancienne ville fermée soviétique, je reprends la route pour une grosse demie-heure, direction le manoir de Pagari (Pagari mõis).
À vrai dire, je ne sais rien de cet endroit, mais j’ai vu que c’était un point d’intérêt repéré et c’est sur ma route. Qu’à cela ne tienne, il n’en faut parfois pas plus pour me convaincre d’un arrêt, voire d’un détour…
En arrivant, je me gare sur le petit parking (où il n’y a personne) devant un charmant bâtiment de bois peint en jaune. Surprise : il fait 20°C dans l’air en ce début mai, mais il y a encore ici un tout petit peu de neige au sol… de quoi imaginer l’épaisseur de neige qu’il doit y avoir ici jusque tard dans le printemps !

Un complexe de plusieurs bâtisses dans un joli parc arboré… et fleuri !
Je m’approche du bâtiment. Aujourd’hui, il s’agit d’un bâtiment municipal qui abrite un centre communautaire. Mais c’était auparavant une ancienne école municipale, et il y a d’ailleurs encore quelques jeux pour enfants ça et là dans le joli parc qui entoure les lieux…

Il faut avancer un peu plus loin pour voir le manoir de Pagari à proprement parler. Comme c’est fréquent dans la région, le manoir de Pagari est une vieille bâtisse du 17e siècle, dans laquelle se sont succédé quelques générations de riches familles allemandes qui vivaient là. Pendant la Seconde guerre mondiale, les familles fuient et ces bâtissent sont progressivement abandonnées, et plus ou moins bien entretenues depuis…

Le manoir de Pagari fait partie des quelques exemplaires de manoirs typiques de l’Estonie encore bien conservés. Lors de mon passage, il est fermé et je ne peux pas en visiter l’intérieur, mais l’extérieur vaut le coup d’œil. Tout autour, je peux aussi admirer les jolies fleurs qui couvrent le sol d’un étonnant tapis jaune, presque de la même couleur que le bois qui recouvre les bâtisses !
En revenant vers la route principale, au coin de la rue, un discret monument est décoré de quelques fleurs. Il s’agit du mémorial de la bataille de Pagari. Il rappelle que, le 16 janvier 1919, le manoir de Pagari a été le théâtre de l’une des batailles de la guerre d’indépendance de l’Estonie.

La tour d’Iisaku, un point de vue idéal sur le parc d’Alutaguse
Je reprends ma route vers le sud, en direction de mon prochain arrêt, à une vingtaine de kilomètres de là. Progressivement, le paysage rural avec ses champs laisse place à la forêt : on entre dans le parc national d’Alutaguse. Créé en 2018, le parc national d’Alutaguse est le plus récent des six parcs nationaux que compte l’Estonie.
Plus de la moitié du parc national d’Alutaguse est recouverte de tourbières, ces écosystèmes typiques des paysages de l’Estonie. J’en ai déjà eu un rapide aperçu au Viru Bog, dans le parc national de Lahemaa. Je prendrais aussi le temps de faire quelques randonnées un peu plus longues dans la suite de mon voyage. Du coup, je me contenterai ici d’un rapide aperçu.
Et pour ce faire, quoi de mieux que de se rendre au niveau de la tour d’observation d’Iisaku (Iisaku vaatetorn) !
Comme souvent en Estonie, des tours en bois permettent de prendre un peu de hauteur et de pouvoir observer les environs. Celle-ci est particulièrement haute : plus de 25 mètres de hauteur ! L’été, il peut y avoir quelques moustiques mais lors de mon passage début mai, les conditions étaient idéales. Et en haut, un sublime panorama à 360° sur le parc d’Alutaguse…

Le lac Peïpous, côté estonien
Je poursuis mon périple, et ma prochaine étape sera le lac Peïpous. Lui, sur une carte, on peut pas le louper ! Avec ses presque 150 kilomètres de longueur, et ses 50 kilomètres de largeur, le lac Peïpous est le 4e plus grand lac d’Europe continentale. Surtout, le lac Peïpous constitue la majeure partie de la frontière entre l’Estonie et la Russie. Je reste dans le thème…
Je ne me complique pas la tâche : je saisis l’une des premières occasions de voir le lac sur ma route. J’ai repéré sur la carte la plage de Kauksi (Kauksi rand), pile à l’endroit où la route fait un virage pour longer le lac.
Les parkings les plus proches sont payants (c’est assez cher, et en plus il a l’air de falloir télécharger une application pour payer le parcmètre…). Heureusement, un parking gratuit se trouve un peu plus loin.

Arrivé au bord du lac, je découvre une plage très charmante sur la rive estonienne du lac Peïpous. Et il n’y a quasiment personne ! Pourtant, les installations présentes (bancs, terrains de sports, douches/toilettes…) laissent penser que c’est un lieu très fréquenté en haute saison.
En revanche, je vous avoue que je n’essaierai pas de me baigner ni même faire trempette dans le lac Peïpous. Depuis la plage, l’eau semblait ocre, voire rouge, et je ne suis pas sûr que ce soit seulement la couleur du sable ou de la vase… Il faut dire que le lac serait particulièrement pollué, en raison des anciens complexes industriels soviétiques qui ne se privaient pas d’utiliser les eaux du lac Peïpous comme une vaste poubelle à ciel ouvert…
Le château d’Alatskivi, le « Balmoral » estonien
Dernière étape de la route du jour, avant d’arriver à Tartu : une pause au niveau du château d’Alatskivi. Le château est situé dans le village du même nom, à environ 40 kilomètres de Tartu.
Le château d’Alatskivi a été construit pour la première fois au 16e siècle, mais il a été reconstruit largement dans les années 1880. Son allure vous dit peut-être quelque chose : la reconstruction de 1880 avait pour but de le faire davantage ressembler à la demeure royale de Balmoral (en Écosse), construite une trentaine d’années plus tôt !
Sauf qu’ici, en Estonie, le château est entièrement blanc. Mais il dispose bien des mêmes tours saillantes dans ses coins que le château de Balmoral, son illustre modèle écossais…
Le château d’Alatskivi est un autre exemple de manoir emblématique de l’Estonie. Il constituait un vaste complexe de 57 bâtiments historiques, dont 41 sont encore debout : les écuries, la cave à fromages, la cave à glace…
L’intérieur du château d’Alatskivi se visite toute l’année. Le château est aussi régulièrement loué par des privés estoniens pour des fêtes ou des mariages. En tant que touriste, on peut aussi simplement se promener dans le vaste parc qui entoure le château. En plus, il surplombe un joli lac…

Ma nuit à Tartu, à l’hôtel Hansa
Après cette journée finalement bien plus riche que je ne le prévoyais, j’arrive à Tartu dans la soirée. J’y resterai une nuit : de quoi le temps d’une petite découverte de Tartu en soirée et, surtout, le lendemain matin.
Pour cette nuit à Tartu, je logerai à l’hôtel Hansa. L’hôtel est situé à une quinzaine de minutes à pied du Vieux Tartu historique, et il dispose d’un parking gratuit : un must lors d’un road-trip !
La décoration joue à fond la carte du rustique, avec des animaux empaillés dans les couloirs, des vieux tapis et plein de cadres un peu kitsch. Le bar/restaurant où on prend le petit-déjeuner ressemble à une vieille taverne.
Un rapport qualité/prix imbattable à Tartu, avec une chambre individuelle à 59€ la nuit, petit-déjeuner inclus !

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Informations pratiques
- Le manoir de Pagari ne peut se visiter qu’à des horaires très limités : les mardis et jeudis de 10h à 16h. Hors de ces créneaux, on peut quand même venir apprécier l’extérieur et le joli parc autour.
- La tour d’observation d’Iisaku se visite en accès libre. Un petit parking se trouve à 2 minutes de marche à peine. Il est facile de s’y garer. Les escaliers sont raides (la tour fait 25 mètres de haut) mais le point de vue au sommet sur le parc national d’Alutaguse en vaut la peine.
- Le lac Peïpous est l’un des plus grands lacs d’Europe, et constitue la grande partie de la frontière entre l’Estonie et la Russie. La plage de Kauksi m’a semblé être un bon spot pour en profiter ! En revanche, je vous conseille de vous y baigner en raison de la pollution du lac.
- Le château d’Alatskivi se visite toute l’année, sauf les lundis d’octobre à mai. Tarif : 12€/adulte. Il abrite également un musée consacré au compositeur Eduard Tubin. Plus d’informations sur le site officiel.



Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en mai 2026.
Voyager en Estonie : fiche pratique
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