Avion : comment limiter son empreinte carbone ?

À l'heure de l'urgence climatique, est-il encore bien raisonnable de voyager en avion ? Nos 5 conseils pour (essayer de) réduire son bilan carbone en avion.

Aile d'un Airbus A350 en vol

Découvrir le monde, c’est un rêve louable. Mais pour les destinations lointaines, cela rime bien souvent avec le fait de devoir prendre l’avion. Problème : l’avion est aussi un moyen de transport fortement émetteur de CO2, un des principaux gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.

Par exemple, un aller-retour Paris-New York rejette de l’ordre de 1,8 tonne de CO2eq. Dans le même temps, pour atteindre la neutralité carbone en 2050 souhaitée par les Accords de Paris, l’objectif est de réduire son empreinte carbone à… 2 tonnes de CO2eq par an !

Dès lors, prendre l’avion est-il encore bien raisonnable au regard de l’urgence climatique ? La question est légitime. Tour d’horizon dans cet article des conseils de bon sens pour permettre de réduire son empreinte carbone, tout en continuant de voyager en avion.

Conseil n°1 : prendre l’avion moins souvent, c’est mieux pour le climat

Bien sûr, difficile d’imaginer faire un Paris-New York en train ! Pour certaines destinations, l’avion reste un moyen de transport essentiel. Décider de ne plus prendre l’avion du tout est ainsi considéré comme une action héroïque au regard des objectifs sur le climat. C’est-à-dire une action qui demande un sacrifice certain, qui peut être jugé comme difficilement atteignable par certains.

Pour autant, est-il vraiment nécessaire de prendre l’avion aussi souvent que vous en avez l’habitude ?…

Pour vos vacances, par exemple, vous pourriez réfléchir à faire des voyages en avion plus espacés dans le temps. En plus de faire des économies sur votre bilan carbone, vous économiserez pas mal d’argent. Alors, pourquoi ne pas en profiter pour rajouter quelques jours à ce voyage qui vous faisant tant rêver ? Ce sera l’occasion de découvrir plus en détails un pays qui vous tient à cœur !

Pour vos voyages d’affaires, avez-vous pensé à la visioconférence ? Trop de personnes ont encore l’habitude d’organiser des réunions physiques, lorsqu’elles pourraient se tenir facilement en distanciel. Mais les entreprises accordent de plus en plus d’importance à la réduction de leur empreinte carbone, via leur politique RSE. Mieux penser ses déplacements professionnels est un levier efficace pour réduire le bilan carbone d’une société.

Conseil n°2 : réduire son bilan carbone en voyageant moins loin

Votre empreinte carbone en voyage dépend fortement du mode de transport que vous choisirez, on l’a vu. Mais il dépend aussi, bien évidemment, de la distance parcourue ! Ainsi, voyager moins loin permet de réduire sensiblement son empreinte carbone en avion.

Bien sûr, ce conseil est plus difficile à appliquer à vos déplacements professionnels, commandés par la localisation de vos clients ou de vos fournisseurs. Mais pour les vacances, vous avez bien le choix, non ?

Alors n’hésitez pas à être plus frugal dans le choix de vos destinations. Plutôt que d’aller encore une fois aux États-Unis ou en Asie du Sud-Est, pourquoi ne pas découvrir notre Vieux Continent ? L’Europe regorge de destinations de choix !

Conseil n°3 : privilégier les modes de transport moins polluants, comme les trains de nuit

C’est une évidence : pour réduire son empreinte carbone, le mieux est d’éviter de prendre l’avion lorsque c’est possible. Depuis le Grenelle de l’Environnement, les transporteurs ont l’obligation d’afficher l’empreinte carbone des voyages vendus. 

Cette information sur les émissions de gaz à effet de serre d’un voyage est également disponible sur certains comparateurs de voyage. Elle permet ainsi d’intégrer ce critère dans votre choix entre plusieurs options.

Attention : certaines informations sont parfois à prendre avec des pincettes. À l’été 2022, Google Flights s’est ainsi fait épingler après avoir réduit le bilan carbone affiché pour ses vols. La cause ? Un « oubli » d’un facteur radiatif (d’environ 1,8). Selon certains experts, il est indispensable pour tenir compte de l’incertitude autour de l’effet réel des traînées de condensation sur le réchauffement climatique.

Dans la mesure du possible, essayez donc de privilégier le train. C’est évident pour les destinations au sein du pays ou des pays limitrophes. Mais peut-être un peu moins pour les destinations plus éloignées. Avez-vous songé aux trains de nuit ? Lorsque de telles alternatives existent, elles peuvent permettre de voyager à empreinte carbone réduite sans sacrifier la durée de votre séjour sur place.

Conseil n°4 : limiter son bilan carbone en optant pour des vols directs et des avions modernes

Si vous n’avez pas d’autre choix que de prendre l’avion, sachez tout de même que tous les vols ne sont pas égaux du point de vue de leur bilan carbone ! Les émissions de gaz à effet de serre dépendent, on l’a vu, de la distance parcourue. Ainsi, les vols directs sont à privilégier face aux vols avec des correspondances.

Autre facteur d’amélioration de votre empreinte carbone : l’âge des appareils. Les constructeurs font en effet de gros efforts pour réduire les émissions (et la consommation de carburant…) de leurs avions. Encore faut-il que les compagnies aient récemment renouvelé leur flotte ! En effet, la durée de vie d’un avion en flotte peut atteindre plusieurs dizaines d’années…

Quels modèles d’avions retenir ? Les Airbus A350 ou de la famille Neo, ainsi que les Boeing 787, font partie des appareils les plus récents qui consomment le moins. Le bilan carbone de votre voyage en avion sera alors un peu meilleur que si vous aviez choisi un vol en Airbus A340 ou en Boeing 767.

Pour un vol Paris-New York, les émissions de gaz à effet de serre peuvent ainsi parfois varier du simple au double en fonction de l’option choisie pour vos vols !

Conseil n°5 : compenser l’empreinte carbone de ses vols en avion

Enfin, une dernière solution pour réduire l’empreinte carbone d’un vol en avion est de compenser ses émissions de gaz à effet de serre. Les compagnies aériennes proposent désormais des services de compensation des émissions carbones liés à votre vol en avion.

Par exemple, la compagnie Air France dispose d’un partenariat avec A Tree for You. Lorsque vous achetez un billet d’avion sur leur site, contre quelques dizaines d’euros de plus, il est possible de participer à un programme de reforestation. L’objectif est de compenser, au moins partiellement, vos émissions de carbone.

Certaines compagnies proposent également de financer des carburants d’aviation durables (les « SAF », pour sustainable aviation fuels). Les carburants d’aviation durables sont des carburants alternatifs issus de sources non-fossiles (biomasse ou carburants de synthèse). Ils permettent une réduction sensible du bilan carbone d’un vol, dont l’essentiel est dû à la consommation de kérosène.

Réel intérêt ou green-washing assumé de compagnies aériennes encore ancrées dans l’ancien monde ? On vous laisse juge ! Ci-dessous, vous trouverez des ressources pour aller plus loin. De quoi mieux comprendre l’impact de l’aviation sur le climat : un premier pas vers des changements de comportements.

Pour aller plus loin

  • Vous pouvez vous inscrire gratuitement à un atelier de la Fresque du Climat pour comprendre l’essentiel des enjeux climatiques.
  • Les ateliers 2tonnes permettent quant à eux d’étudier les leviers d’actions collectives et individuelles permettant de tendre vers une société bas-carbone.
  • L’ADEME (Agence de la transition écologique) met à disposition librement l’outil en ligne Impact CO2 pour découvrir notamment l’impact sur le climat du transport.
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