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Le château d’Osaka, une forteresse dans la ville

La troisième ville du pays accueille aussi son plus célèbre château. L’édifice a joué un rôle majeur dans l’histoire du Japon, dès sa construction en 1583.

En plein cœur de la capitale du Kansai, le château d’Osaka se voit de loin. En fait, on distingue surtout l’immense parc qui l’entoure, avec ses remparts et ses imposantes douves. Le parc du château d’Osaka constitue à ce titre l’un des poumons verts de la ville, où les habitants et les touristes de passage aiment se ressourcer.

Et comme souvent au Japon, le château d’Osaka est aussi un lieu chargé d’histoire, encerclé pourtant par une métropole grouillante et dynamique parmi les plus modernes du monde.

C’est parti pour une petite virée urbaine… mais toujours au vert !

Aux origines : une forteresse encore visible

Quelque soit l’endroit par lequel on pénètre dans le parc du château d’Osaka, on est d’abord frappé par les gigantesques fortifications qui l’encerclent. On aperçoit ça et là quelques tours, qui partagent le même style architectural que le donjon qu’on découvrira plus tard. À leur pied, de larges douves témoignent que le tout était destiné à être protégé… et plutôt bien protégé.

L’histoire d’Osaka remonterait au troisième siècle. Sa situation géographique, au bord de la mer, lui permet des échanges commerciaux avec la Corée et la Chine qui seront à l’origine de son développement. Si bien que la ville deviendra la capitale de l’Empire au septième siècle. Osaka s’appelle alors encore Naniwa.

C’est à cette époque qu’est vraisemblablement construit un ancien palais impérial, dans l’enceinte actuelle du château d’Osaka. Vers 1500, alors que des guerres le réduisent à l’état de ruine, c’est une forteresse et un temple importants, le Hongan-ji d’Ishiyama, qui prendra sa place.

Lieu important du bouddhisme Shin (Jōdo-Shinshū), le temple deviendra, au fil des installations d’ateliers dans ses alentours, l’épicentre d’une véritable ville. C’est aussi durant cette période que la ville commence à être appelée de son nom actuel, Osaka (« grande pente », en japonais).

Le Hongan-ji d’Ishiyama va connaître la prospérité jusqu’en 1576, et le début du siège le plus long de l’histoire du Japon. Le Japon est en pleine époque Sengoku, marquée par des conflits militaires quasi-permanents. Le siège dure cinq années, qui s’achèveront par un gigantesque incendie à l’origine de la destruction du complexe.

La construction du château, un rôle dans l’unification du Japon

À partir de 1583, Toyotomi Hideyoshi, le deuxième des trois « unificateurs du Japon », entreprend la construction du château d’Osaka. Il décide alors de prendre modèle sur le château d’Azuchi, construit quelques années plus tôt à une centaine de kilomètres de là, au nord-est de Kyoto.

Le château doit néanmoins surpasser son illustre modèle, avec des dimensions hors-normes. Hideyoshi souhaite affirmer sa domination sur le Japon en faisant construire le plus grand château du pays.

Douves du château d'Osaka
Le parc du château d’Osaka est encerclé de gigantesques douves

Sa construction ne s’achèvera qu’en 1598, quinze ans après le début des travaux. La date coïncide malheureusement avec le décès de Hideyoshi. Le château change de mains plusieurs fois, au gré des conflits, passant dans un premier temps sous le contrôle de Tokugawa Ieyasu, le dernier des trois unificateurs du Japon.

Le château est victime de plusieurs destructions qui se suivront souvent par des reconstructions. Sauf en 1665 où un incendie ravage le Tenshu, c’est-à-dire le donjon ou la tour principale, du château. Les ruines du château d’Osaka resteront à l’abandon durant des siècles.

Il faudra attendre 1997 pour que le château, et plus particulièrement son Tenshu, retrouve sa splendeur d’antan. Une splendeur apparente, car en réalité, il est aujourd’hui fait de béton et non plus de pierre et de bois. Comme beaucoup d’autres châteaux japonais reconstruits durant la période moderne.

Aujourd’hui, un parc en plein Osaka

Le donjon du château d’Osaka accueille aujourd’hui un musée, avec des expositions autour de son histoire. Le dernier étage du donjon permet d’apprécier une vue panoramique sur la métropole japonaise.

Je ne pourrais vous conseiller la visite, car j’ai fait le choix de ne profiter que des extérieurs. Et il faut dire qu’il y a déjà de quoi faire, car le parc est superbement aménagé. Les points de vue sont nombreux, certains au milieu de petits jardins décorés dans un style purement japonais. Se faire prendre en photo est déjà un sport national au Japon, mais devant le château d’Osaka, c’est carrément un must !

Au sud du château, on peut notamment visiter le Hōkoku-jinja. Il s’agit d’un sanctuaire shinto, fondé en 1880 et dédié à Toyotomi Hideyoshi, l’instigateur de la construction du château d’Osaka. Le site respecte bien sûr les standards architecturaux des sanctuaires shinto.

L’entrée est ainsi marquée par un torii, le portail généralement rouge (sauf ici !) qui sépare le sanctuaire sacré du monde profane. Une courte allée mène jusqu’au bâtiment principal du temple, à côté duquel où on trouve un portique. C’est là qu’on y accroche les ema, ces plaques de bois sur lesquelles on laisse des vœux destinés à être lus des dieux.

N’ayez pas peur d’y laisser le vôtre : ici, les vœux peuvent être très pragmatiques. On y vient, par exemple, souvent à la veille des examens pour se souhaiter de la réussite…

Informations pratiques

  • Le parc du château est notamment accessible depuis la station de métro Tanimachi 4‑chome (lignes Chuo et Tanimachi). Accédez alors au château d’Osaka par son entrée principale, la porte Otemon.
  • Compter une bonne heure de balade dans le parc, sans même visiter l’intérieur du Tenshu.
  • Le parc compte une dizaine de lieux historiques, dont les portes Otemon et Sakuramon, ainsi que les remparts du château dont certaines sections sont d’origine.
  • L’accès au parc est gratuit, sauf l’intérieur du Tenshu.

Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en décembre 2018.

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Par Christophe

Baroudeur. Rédacteur. Inspirateur. Dans cet ordre. Ou un autre. À mon tour de vous donner envie de partir.

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