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Kyoto : le Kinkaku-ji, un pavillon d’or

Le temple impérial du jardin des cerfs, ou temple du Pavillon d’or (Kinkaku-ji) offre à Kyoto ce que le Japon a de plus cher : une parenthèse zen… en or !

Les métropoles japonaises sont réputées pour être des lieux à plusieurs visages. Au détour d’une rue, on passe du vrombissement omniprésent de la ville à la platitude zen qui fait la réputation des parcs japonais. C’est notamment le cas à Kyoto, celle qui fut pendant plus d’un millénaire baptisée du nom de Heian-kyō (« Capitale de la paix et de la tranquillité »).

Un jardin zen au cœur de la ville de Kyoto

Situé au nord-ouest de la ville, il faut prendre un bus depuis la gare de Kyoto pour rejoindre le Kinkaku-ji. Connu en français sous le nom de Pavillon d’or, il ne doit pas être confondu avec le Ginkaku-ji, à l’Est de la ville, son cousin… argenté !

Le site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994, est célèbre pour son bâtiment principal recouvert de feuilles d’or. En réalité, il s’agit d’un vaste sanctuaire qui s’étend au cœur du « jardin des Cerfs », qui lui donne son nom officiel de Rokuon-ji.

Le Pavillon d’or siège au centre d’un jardin construit dans la plus pure tradition zen japonaise. La main de l’Homme n’a pas façonné la nature ; elle a joué avec elle pour coconstruire un espace voué à la méditation et à la promenade. Car le jardin japonais se découvre d’abord par la promenade.

Ici, rien n’est laissé au hasard. Chaque arbre, chaque pierre – il n’y a pas de jardin zen sans forte présence minérale – cherche à vous faire ressentir une part de l’essence du lieu. Elle attire ici un regard, crée là un reflet. Les sens sont en éveil et la contemplation est ici peut-être l’atout le plus précieux du voyageur.

Un pavillon d’or… reconstruit !

L’histoire du Kinkaku-ji débute en 1397. Le site, qui n’abritait qu’un modeste temple et qui tombait alors en désuétude, est racheté par un puissant aristocrate japonais, le shōgun Ashikaga Yoshimitsu. Celui-ci a l’intention de faire du Kinkaku-ji un lieu sacré de haute importance, accueillant plusieurs reliques bouddhistes.

Cet étalage ostensible de richesses n’est pas du goût de tous, et les lieux sont détruits par des incendies au 15e siècle lors de la guerre d’Ōnin. Presque l’intégralité du complexe disparait, à l’exception notable du Pavillon d’or.

Le Pavillon d’or du Kinkaku-ji traverse les époques. Ainsi, le site fait partie des tous premiers « trésors nationaux » du Japon, identifiés et protégés par une loi de 1897 en tant que bien culturel et historique exceptionnel.

Toutefois, en 1950, un jeune moine de 22 ans met le feu au Pavillon d’or avant de tenter de se suicider. Il est arrêté mais le bâtiment périt sous les flammes. Dès 1955, le Pavillon d’or du Kinkaku-ji fait l’objet d’un grand chantier de restauration, quasiment à l’identique. Il est depuis progressivement et régulièrement entretenu. Même si les déboires des années 1950 lui ont fait perdre son statut de « trésor national », réservé aux œuvres historiques originelles ; il est désormais relégué au simple statut de « site historique spécial du Japon »…

Une architecture complexe en trois parties

L’architecture du Pavillon d’or du Kinkaku-ji est plus complexe qu’il n’y parait au premier coup d’œil. Le bâtiment est en effet composé de trois étages, qui forment un tout harmonieux. En y regardant de plus près, on peut constater que chaque étage du Pavillon d’or du Kinkaku-ji de Kyoto présente une architecture différente.

Le rez-de-chaussée est ainsi de style shinden. Les matériaux sont bruts, et les murs sont faits de panneaux obturateurs. En les déplaçant, on peut ajuster la lumière et l’air qui circule à l’intérieur de cet étage, conçu comme un espace ouvert. Le visiteur est alors en pleine harmonie avec les paysages qui l’entourent.

Le premier étage, lui, est de style buke. C’est notamment le style des anciennes maisons de samouraïs. Il s’agit là d’un étage de transition, vers le troisième étage, de style zen. Les murs sont toujours faits de panneaux coulissants, mais les matériaux prennent davantage forme, sont plus massifs. Le revêtement doré, en feuilles d’or véritables, témoigne du caractère sacré de ces étages.

Comme souvent dans l’architecture religieuse, et en particulier japonaise, l’architecture marque ici, dans toute sa verticalité, le lien entre le monde profane de l’Homme et le monde sacré des Dieux.

Informations pratiques

  • L’accès à l’enceinte du temple est payant (400 yens). Le site est ouvert toute l’année. Plus d’informations sur le site officiel du Kinkaku-ji (en français).
  • Bien qu’un peu excentré, le site est plutôt accessible. Depuis la gare de Kyoto par exemple, prendre le bus 205 et descendre à l’arrêt Kinkakuji-michi, en face du temple. Compter 40 minutes de trajet.
  • La visite consiste en une promenade dans le parc, qui peut paraître rapide mais mérite le détour. Si les lieux vous inspirent, n’hésitez pas à revenir une deuxième fois sous une météo différente !

Cet article a été rédigé sur la base d’un voyage effectué en décembre 2018.

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Par Christophe

Baroudeur. Rédacteur. Inspirateur. Dans cet ordre. Ou un autre. À mon tour de vous donner envie de partir.

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